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Campagne pour Stopper la Polygamie Voir Signatures Courantes - Signer la Pétition
LE MONDE | 10.02.06 | 13h19 • Mis à jour le 10.02.06 | 13h58
Communiqué
Homa Arjomand, femme de l’année
« Permettre l’instauration de tribunaux islamiques en Ontario,
ç’aurait été un message dramatique à envoyer au reste du monde. » Québec, le 17 janvier 2006. - La Gazette des femmes inaugure l'année 2006 en désignant sa femme de l'année. Tenace, engagée et totalement dévouée aux causes qu'elle défend, Homa Arjomand s'est illustrée sur la scène canadienne et mondiale en 2005. Avec comme seules armes de combat un téléphone et un ordinateur installés dans sa chambre à coucher, elle a réussi l'impossible. Cette Canadienne d'origine iranienne a créé une onde de choc nationale et internationale telle qu'elle a obligé le gouvernement ontarien à barrer la route aux projets de tribunaux islamiques, réclamés par un groupe de musulmans. La journaliste Danielle Stanton dresse le portrait de cette incroyable battante dans le numéro de janvier-février de la Gazette des femmes. Menacée d'emprisonnement à cause de ses idées et de son militantisme, Homa Arjomand a fui le régime de l'Ayatollah Khomeiny en 1989 avec son conjoint et ses deux enfants. Elle a l'habitude de se battre pour ses convictions. « À cause du multiculturalisme et d'une mauvaise législation ontarienne, notre système juridique était très vulnérable, explique-t-elle. Les promoteurs du projet de tribunal islamique le savaient parfaitement. Il fallait à tout prix éviter cette infiltration. Ç'aurait été un message dramatique à envoyer au reste du monde.
1) Mme Arjomand voulez-vous avoir l'amabilité de vous présenter afin de mieux vous connaître et mieux cerner le sens de votre combat ? Je suis l'initiatrice et la coordinatrice de la Campagne Internationale contre la Cour de la Charia au Canada (www.nosharia.com). Je suis également Présidente de l'association "Children First Now", (www.childrenfirstnow), porte-parole de la Campagne Internationale pour la défense des droits des femmes en Iran (www.irandwr.org) et membre du comité de pilotage de Women’s Liberation (OWL) www.azadizan.com. Je me considère comme une féministe qui se bat pour la liberté inconditionnelle des femmes et l'égalité totale entre les sexes.
Association 20 ANS BARAKAT Contre l’instauration de tribunaux religieux au CANADA
Couverture médiatique en excursion de La globalisation de l'Islam politique Lettre à Homa C’est avec joie qu’au nom de l’association 20 barakat et Femmes Solidaires ,nous vous accueillons aujourd’hui. Nous avons suivi, inquiètes et attentives, le combat que vous avez mené pour arriver à la décision du premier ministre de l’Ontario de renoncer aux tribunaux d’arbitrage religieux
Marseille Actualite October, 28,2005 Societe, Communautarisme October 28, 2005, L'Humanite Lyon's paper 26,October, 2005 Progres Leprogres, Lyon, October 26, 2005 Metro, Homa in Lyon, October 25, 2005 La-Croix.com Paris October 25, 2005 http://www.liberation.fr/page.php?Article=218768 DeTelegraaf, Amsterdam, October 24, 2005
Visual Report on Tour of Homa Arjomand in Europe Frankfurt
From Left, Mina Ahadi, Homa Arjomand, Shahnaz Moratab Paris
AvecAnne Zelensky LDF Ligue du Droit des Femnes Yvette Roudy Ancienne Ministre Parlementaire
Homa, ATTACK Dessene Clark, Jocelyne Clarke Press Conference historical place where Jaurès was assassinated
Lyon
Homaand Nicole Thuet, President du Collectif 13Doits des femmes Homa and Judith Martin-Razi Coordinator due Collectif 13 droits
Homaand Nicole Thuet, President du Collectif 13Doits des femmes
LE MONDEHoma Arjomand, contre la charia au CanadaLE MONDE | 21.10.05 | 13h47 • Mis à jour le 21.10.05 | 13h47 More
Droit des femmes et religion
au Canada
Dernière
mise à jour le dimanche 23 octobre 2005
Monsieur Claude Laverdure Ambassadeur du Canada 35 avenue Montaigne, 75008 Paris
mercredi
31 août 2005 Appel urgent ! La Campagne internationale « Pas de charia au Canada » a provoqué une vive résistance au sein de la population à l'instauration de tribunaux islamiques au Canada. Nous luttons pour défendre la justice. Nous nous opposons à toute législation qui menace l'égalité des femmes. Nous exigeons une même loi pour tous et toutes. Nous n'avons pas de personnel rémunéré. Les bénévoles travaillant pour cette campagne en assument toutes les dépenses. Malheureusement, nos ressources sont limitées et le temps est venu de nous tourner vers vous. Votre appui financier nous aidera à développer une prise de conscience publique et à construire une force puissante pour persuader le gouvernement de l'Ontario de retirer sa loi sur l'arbitrage religieux.
Déclaration sur l’arbitrage religieux en droit de la famille
Communiqué le 24 août 2005 Manifestation internationale contre la « sharia court » (tribunal islamique) au Canada, pour les droits des femmes, la séparation du politique et du religieux et le respect de la dignité humaine 8 septembre 2005 de 12h à 14h devant l’Ambassade du Canada 35 avenue Montaigne, Paris 8° A l’appel d’associations canadiennes dénonçant la mise en place de tribunaux islamiques dans leur pays, Regards de femmes organise, avec de nombreuses personnalités et associations féministes et laïques, un rassemblement, pour soutenir les associations canadiennes qui luttent pour la séparation du religieux et du politique, l'égalité des droits, les mêmes lois pour toutes les femmes, l’universalité des droits des femmes et contre l’instauration de tribunaux religieux. Un grand nombre de lettres adressées au Gouvernement canadien pour demander que la loi « d’arbitrage » de 1991 ne soit plus appliquée en Ontario, en cas de litiges de droit familial et successoral sont parvenues à Regards de femmes (33 rue Bossuet 69006 Lyon, regardsdefemmes@chello.fr). Elles seront remises symboliquement ce jour-là à l’Ambassade du Canada à Paris afin de marquer la solidarité des Françaises et des Français aux organisateurs de "International Campaign against sharia Court in Canada" dans leur combat pour le respect d’une égale dignité des hommes et des femmes.
Malgré le vent frisquet qui souffle sur la terrasse de ce coffee-shop, elle porte un tee-shirt décolleté. « Les vêtements près du corps, les décolletés, le maquillage sont mon drapeau ! Ils sont ma façon de m’opposer à l’islam politique », explique-t-elle. Son décolleté, précisons-le, est tout-à-fait décent, son maquillage discret, et nous nous trouvons dans la banlieue de Toronto, au Canada, où la liberté de s’habiller comme on le sent semble totale. Mais pour Homa Arjomand, qui s’est enfuie d’Iran à pied, dans la neige, sa fille de quelques mois dans les bras, ces quelques centimètres de peau nue, ce rouge sur ses lèvres signalent avec éclat qu’elle continue le combat contre l’intégrisme. Elle pensait pourtant l’avoir laissé loin derrière elle quand elle a obtenu l’asile politique au Canada, pays de tolérance. Mais voilà que l’Ontario, l’Etat le plus peuplé du Canada, celui où vit Homa, semble prêt à approuver la création de tribunaux islamiques qui décideraient, pour les musulmans et selon les principes de la charia, de la garde des enfants après un divorce, des pensions alimentaires, ou encore règleraient des litiges concernant l’héritage.
Le même courrier est en pièce jointe, au cas où il y aurait "incompatibilité de caractères" 8 septembre 2005 Manifestation internationale contre la « sharia court » au Canada, pour les droits des femmes, la séparation du politique et du religieux et le respect de la dignité humaine
Un projet de
tribunaux islamiques d'arbitrage déclenche de vives polémiques
Le lundi 12 janvier 2005 (traduction libre yvl) À tous les organisme et à tous les membres du Parlement (MPP’S) :Le 20 décembre [2004], madame Marion Boyd remettait son rapport au sujet de l’Acte d’arbitrage de l’Ontario, 1991 permettant de régler les différends familiaux légalement basé sur les lois religieuses. Nous souhaitons que durant cet ajournement, vous prendrez le temps de lire cet important rapport en entier. Dans le passé des centaines d’activistes ont informé madame Boyd et le public en général à propos de cette faille du passé [dans la loi] et des risques pour le futur en permettant à des groupes religieux de continuer de régler les différends familiaux légalement, basé sur les lois religieuses. Nous nous opposons au système légal actuel à deux-paliers de Cour séculière et de Cour religieuse ; là où les tribunaux religieux font plier les règlements à propos des différends familiaux en matières légales s’appuyant sur les lois religieuses formelles et informelles sur les codes et sur les valeurs. Nous soussignés croyons collectivement en une Cour séculière et « une loi pour tous, » et recommandons que tout différend familial en matière légale devrait être retiré de l’Acte d’arbitrage de l’Ontario, 1991. Nous croyons également que les différends familiaux en matière légale devraient être administrés par une Cour de la famille séculière, soumise à l’Acte de loi sur la famille de l’Ontario. Nous espérons que lorsque vous aurez terminé la lecture de ce rapport [le rapport Boyd], nous pourrons ajouter votre nom à la liste grandissante de nos supporters (plus de 9 000 à ce jour) qui veulent s’assurer que tous les Ontariens seront soumis à une seule loi, pour la force de la nation et de ses citoyens, lesquels sont gouvernés par une seule loi. Homa Arjomand Coordonatrice de La compagne internationale contre la Cour de la charia au Canada (The International campaign against Sharia Court in Canada) P.O. Box 45546, 747 Don Mills Road, Toronto, On, M3C 3S4 416-737-9500
Le lundi 20 décembre 2004 [Traduction libre de texte anglais ci-après. yvl] POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
À l’attention de : L’éditeur assigné, L’éditeur de la Ville, l’éditeur de nouvelles, l’éditeur des nouvelles internationales. L’éditeur des affaires politiques Gouvernementales.
LE RAPPORT BOYD FAIT RECULER LES DROITS DES FEMMES AUX ANNÉES 1400 ARJOMAND RÉCLAME DES AUDIENCES PUBLIQUES
TORONTO, Canada – Homa Arjomand, coordonnatrice de la Campagne contre la cour de la charia au Canada, s’oppose aux conclusions du rapport Boyd parce qu’il recommande l’usage de l’arbitrage religieux et encourage la propagation de la Politique de l’Islam au Canada. « J’ai été très surprise que madame Boyd n’ait trouvé aucune évidence que les femmes souffrent de discrimination dans l’arbitrage religieux », a dit madame Arjomand. « nous avons soumis plusieurs rapports d’abus et soumis des témoignages en personne à madame Boyd. « ….à titre de sauve-garde recommandée par Boyd, je crois qu’elle n’a eu d’autre choix que d’accepter le fait que les courts basées-sur-la-religion mettent les femmes en danger » a dit madame Arjomand. « Les mêmes forces politiques qui encourage madame Boyd à définir les défenses, travailleront maintenant à retirer la loi de la famille de l’Acte de l’Arbitrage ». « Nos avocats étudient les décisions de plusieurs cas d’arbitrage et les apporteront à la cour et exposeront comment les femmes sont victimes de la domination-mâle dans les décisions légales basées sur les traditions et la religion du 6ième siècle. », a dit madame Arjomand. « Nous allons aussi négocier l’usage de L’Acte de l’Arbitrage pour la loi de la famille, plusieurs défauts de cet Acte sont détaillés dans la résolution que nous avons remplie avec le gouvernement le mois dernier. » a-t-elle dit, « et nous considérons le défi d’après les Charte des Droits Canadienne.» « Madame Boyd a consulté certains groupes communautaires ciblés et a fait 46 recommandations lesquelles auront un impact sur les citoyens de l’Ontario possiblement pour des générations à venir. Donc, nous en appelons au gouvernement de l’Ontario de tenir des audiences publiques afin de donner la chance à la population de se prononcer sur le sujet. » a dit madame Arjomand. « La campagne mobilisera de fortes ressources s’opposant à la loi de la charia… et nous encourageons les femmes victimes de la cour basée-sur-la-religion à communiquer avec nous.» a dit madame Arjomand. Homa Arjomand une conseillère en transition établie à Toronto, était une activiste des droits humains en Iran jusqu’à ce qu’elle soit forcée de quitter en 1989. Pour la rejoindre : madame Homa Arjomand 416.737.9500 Pour plus de renseignements : www.nosharia.com
Pressions sur Québec en faveur d'une cour islamique
Mounia Chadi
Mots clés : Québec (province), Justice, cour islamique Après l'Ontario, le débat sur la charia se transpose au Québec. Depuis quelques semaines, la mouvance islamiste fait des démarches auprès du ministre de la Justice, Jacques P. Dupuis, pour que celui-ci officialise l'instauration d'une instance d'arbitrage et de médiation qui rendrait ses décisions en vertu de la charia, la loi islamique.
La charia au: Une menace pour les muslmanes?
Comité local NPNS Grand Lyon
Veuillez trouver ci-joint le communiqué
de Ni Putes Ni Soumises Grand Lyon et Rhône appelant les citoyennes et citoyens attachés
à l'émancipation des femmes et au combat contre les violences faites aux femmes, à
manifester à Marseille le 27 novembre, derrière la famille de Ghofrane Haddaoui,
tuée à coup de pierres, le 17 octobre dernier, dans un terrain vague près de
Marseille, victime du machisme barbare. Ni putes ni soumises appelle, avec les autres associations
de femmes du Grand Lyon au rassemblement jeudi 25 novembre 2004 Place Bellecour, dénoncer ce nouvel acte de
barbarie machiste et allumer symboliquement des bougies blanches en mémoire de Ghofrane et
de toutes les autres femmes victimes.
Ni putes ni soumises Grand Lyon 06 26 87 11 31
La charia au Canada Enquête Spéciale - Nov./Dec. 2004
6 septembre 2004
Tribunaux islamiques d'Ontario
La résistance aux tribunaux islamiques s'organise au Canada 12 août 2004 par Élaine
Audet Depuis l'annonce, à l'automne 2003, de la création
en Ontario de l'Institut Islamique de justice civile (IIJC), tribunal
d'arbitrage dont les jugements s'appuieront sur la Charia, des protestations
n'ont cessé de se faire entendre tant chez les femmes musulmanes que parmi la
population canadienne en général (1). Il s'agit de la mise sur pied, par
quelques dignitaires islamiques de Toronto sous la direction de Syed Mumtaz Ali,
de tribunaux privés d'arbitrage qui tranchent des litiges en s'appuyant sur le
Coran plutôt sur la Charte des droits et libertés et le code civil canadien.
Pour le ministre fédéral de la Justice, Irwin Cotler, à qui nous avons écrit pour manifester notre inquiétude, il n'y a pas lieu de s'alarmer : des tribunaux semblables existent depuis longtemps dans la communauté juive orthodoxe et nul n'a eu à s'en plaindre. Le recours à ces tribunaux d'arbitrage se fait sur une base volontaire, affirme le ministre, leurs jugements sont régis par les lois provinciales et territoriales en vigueur et peuvent être contestés s'ils contreviennent aux lois canadiennes et à la Charte des droits et libertés (3). La Ligue des droits et libertés du Québec, quant à elle, considère que ces projets n'ont aucune chance de voir le jour, même au nom du multiculturalisme, car ils entreraient en contradiction avec l'ordre juridique actuel. Pourtant, dans l'hebdomadaire Voir du 28 juillet, M. Mumtaz Ali affirme que "malgré la controverse engendrée, le service d'arbitrage est en fonction et qu'il a déjà rendu des décisions qui sont "privées et confidentielles" (4). Comment, dès lors, pourra-t-on s'assurer que les droits des femmes sont respectés ? Sur la page d'accueil du site de l'Institut islamique de justice civile, on peut lire que le Darul Qada, conseil d'arbitrage musulman, marque le début d'un système musulman de justice civile au Canada (5). Le gouvernement de l'Ontario réagit Dans un premier temps, les autorités politiques et judiciaires ont refusé de prendre au sérieux les inquiétudes des groupes de femmes musulmanes canadiennes qui, à juste titre, craignent que plusieurs d'entre elles, vivant dans des ghettos ethniques et ignorant souvent leurs droits, subissent des pressions pour recourir aux tribunaux islamiques et se soumettre à leurs jugements sous peine de subir l'ostracisme de leur famille et de leur communauté. Certaines personnes établissent une analogie entre un grand nombre de femmes musulmanes isolées et les victimes de violence conjugale qu'il faut parfois défendre malgré elles parce qu'elles subissent trop de pression et d'intimidation pour remettre en question les conditions qui leur sont faites. Dans ce sens, le fait que les jugements de tribunaux parallèles soient privés et confidentiels ne peut manquer d'inquiéter. Comment peut-on imaginer que des tribunaux régis par des dignitaires religieux, fondamentalistes et misogynes, puissent aboutir à autre chose qu'à défendre les intérêts de ces derniers au détriment de ceux des femmes qui comparaîtront devant eux ? Lorsque les communautés musulmanes en Angleterre ont voulu instaurer des tribunaux islamiques, on leur a donné pour réponse un refus catégorique. On se souvient que les femmes amérindiennes, il y a quelques années, avaient réclamé, à juste titre, la préséance de la Charte et de la justice canadienne sur la justice de clan pour faire prévaloir leurs droits. Les jeux ne sont heureusement pas faits. Sous la pression des groupes de femmes musulmanes dont les craintes ont été largement relayées par les médias, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a finalement réagi, fin juin, en chargeant l'ex-avocate du NPD, Marion Boyd, de revoir ce projet de loi et de s'assurer que les droits des femmes n'y sont pas lésés et qu'elles sont bien informées sur la législation canadienne et le code des droits humains en Ontario. Ce qu'elles ont à dire Alia Hogben, présidente du Conseil canadien des femmes musulmanes (6), composé de 900 membres provenant de diverses allégeances islamiques, se demande pourquoi les musulmanes devraient être traitées différemment des autres femmes canadiennes alors qu'elles se sentent très bien défendues par la loi du pays où elles ont choisi de vivre ? Il y a tout lieu de s'interroger en voyant le mépris affiché envers elles par le président du Conseil musulman de Montréal qui réplique que poser de telles questions est "totalement stupide et ignorant. La plupart des femmes du Conseil canadien des femmes musulmanes ne connaissent pas l'islam. Demandez-leur si elles peuvent délivrer une fatwa..." (7) Sally Armstrong, auteure de La Menace voilée, paru en 2002, qui a visité plusieurs pays musulmans pour son travail, considère que l'instauration de tribunaux islamiques en Ontario serait "une catastrophe sur le plan des droits humains". Car, selon elle, même si l'interprétation de la Charia varie d'une culture à l'autre, les femmes n'y sont jamais considérées comme égales aux hommes. Alors que la loi de la Charia ne fonctionne nulle part comme elle le devrait, Armstrong s'étonne de voir que le ministère de la Justice de l'Ontario s'obstine à croire qu'elle fonctionnera au Canada. Pour elle, il est clair que les Canadiennes vont se mobiliser pour empêcher l'instauration de ces tribunaux. "Nous avons passé 30 ans à travailler sur la loi concernant la famille et l'égalité de droits afin de nous assurer que les femmes et les enfants sont en sécurité dans ce pays. Nous allons être nombreuses à faire entendre notre voix à ce sujet" (8). Alors que la Colombie-Britannique doit faire face à son tour à l'instauration de tribunaux islamiques et que Salam Al-Minyawi, président du Conseil musulman de Montréal, dit souhaiter établir au Québec le même type d'arbitrage selon la Charia, l'Association nationale des femmes et du droit (9), sous la direction de Me Andrée Côté, procède actuellement, en collaboration avec le Conseil canadien des femmes musulmanes (CCFM), à une recherche visant à évaluer les impacts juridiques des tribunaux islamiques sur les droits des femmes (10). Cette recherche, qui devrait être terminée en août 2004, a pour but de publier un texte politique visant à informer et éduquer l'ensemble des femmes sur les enjeux reliés à l'utilisation d'autres instances que la Loi de la famille, sur le recours à la Loi islamique de la famille, et sur les impacts de la privatisation de la Loi de la famille en Ontario. L'ouvrage, qui sera traduit dans plusieurs langues et largement distribué, tentera d'explorer toutes les utilisations de la Charia et de la loi islamique de la famille en Europe, en Angleterre et aux États-Unis. Me Côté se dit inquiète de la privatisation du droit de la famille. Après plus de trente ans de lutte du mouvement des femmes pour transformer le droit de la famille, éliminer les règles patriarcales et instaurer l'égalité, on veut renvoyer les femmes à un système privé où elles seront exclues des normes publiques. L'avocate dit vouloir assurer une bonne dialectique entre la protection des libertés religieuses et les droits des femmes. Avec les restrictions budgétaires, dit-elle, les femmes ont peu d'accès à l'aide juridique et sont souvent mal informées sur leurs droits. Une jurisprudence récente de la Cour suprême du Canada tend également à préserver les ententes signées entre les parties, ce qui rendra difficile pour une femme d'aller en appel, même si elle n'a pas signé le renoncement à la procédure d'appel, comme cela se fait généralement dans les tribunaux d'arbitrage. Selon Me Côté, on ne peut utiliser au Québec de tribunaux d'arbitrage dans le droit de la famille. Pendant combien de temps encore ? Pour l'avocate et analyste politique Marilou McPhedran, qui a participé en 1981 à la rédaction de la clause 28 de la Charte canadienne des Droits et libertés, toute discrimination envers les femmes au nom de la religion ou de l'héritage multiculturel canadien y est clairement interdite. La clause 28 stipule en effet qu'"indépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes" (11). Il fallait ajouter cette section, dit Me McPhedran, "parce que les femmes vivant dans des communautés étroitement contrôlées sur le plan culturel, tribal et religieux en avaient besoin" (12). Il était absolument nécessaire de donner préséance aux droits relatifs au genre afin de pouvoir faire face à des causes concernant, par exemple, la mutilation génitale féminine ou diverses formes de discrimination envers les femmes décrétées par la Charia. Il est inconcevable, pour l'avocate, que le ministère de la Justice permette qu'une loi provinciale soit employée de façon à perpétuer la discrimination envers les femmes. À l'argument selon lequel des tribunaux semblables existeraient dans la communauté juive, Me Mc Phedran répond qu'on prend trop de choses pour acquises et qu'il faudrait faire enquête pour voir si tout va si bien qu'on le prétend dans ces tribunaux. D'ailleurs, il semblerait que des femmes juives, dans la foulée des contestations actuelles des femmes musulmanes, commencent à se plaindre de leurs difficultés à obtenir justice dans les tribunaux d'arbitrage (13). Pour l'écrivaine d'origine iranienne Haydar Ketabchi, la menace d'implantation de tribunaux islamiques au Canada, au nom de la liberté religieuse, de la tolérance et de la relativité culturelle, doit être prise au sérieux et dénoncée comme une nouvelle tentative, de la part des groupes islamiques, d'institutionnaliser la domination masculine, l'apartheid sexuel, la xénophobie et la loi coranique à travers le monde (14). Par l'entremise de l'Institut islamique de Justice Civile (IIJC), dit-elle, les islamistes se sont organisés pour mettre un frein aux droits des femmes et aux libertés individuelles. L'écrivaine craint que des pressions légales soient exercées pour imposer aux jeunes musulmanes des codes vestimentaires, des mariages arrangés et leur interdire tout lien à l'école avec des personnes homosexuelles, des athées ou des Juifs. On ne peut que partager son inquiétude quand on entend Syed Mumtaz Ali, initiateur de l'IIJC, affirmer que "les musulmans vivant dans des pays non-musulmans sont comme des 'Bédoins' et, où qu'ils vivent, doivent régler leur conduite sur les lois de l'islam" (15). Les femmes ne sont pas seules à protester contre la multiplication de tels tribunaux au Canada. Elles reçoivent l'appui de nombreux hommes qui font entendre leurs voix dans les médias et les forums publics. Des avocats torontois de droit civil, comme Me Jonathan Schrieder et une douzaine d'autres, leur ont offert gratuitement leurs services parce qu'ils sont convaincus que même une version canadianisée de la Charia soumettra les femmes musulmanes à une injustice énorme (16). Pour qu'aucune accusation de discrimination ne puisse être portée, il faudrait éliminer tous les tribunaux d'arbitrage religieux et rappeler que les droits et les devoirs sont les mêmes pour l'ensemble des citoyens et des citoyennes du Canada, quels que soient leur sexe ou leurs croyances. Le 8 septembre Homa Arjomand, coordonnatrice de la campagne contre les tribunaux islamiques au Canada, et d'autres groupes résolus à leur barrer la route organiseront des manifestations dans plusieurs villes au Canada, en Grande-Bretagne, en Suède, en Allemagne, en France et en Finlande, ainsi que dans d'autres pays à travers le monde (17). Au Québec, on peut également écrire pour exprimer son opposition à M. J. Dupuis, ministre de la Justice du Québec et signer la pétition contre l'instauration de tribunaux islamiques au Canada. Notes 1. Micheline Carrier et Élaine
Audet, Un
groupe torontois veut créer des tribunaux islamiques au Canada, 23 décembre
2003. Élaine Audet
Qui sommes nous?
Mercredi, le 11 août 2004
In sorority and solidarity, Elaine Audet
Please help us to improve the campaign's site. We need volunteers for translation in the following languages: English to Arabic English to Farsi English to Kurdish Farsi to English
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