Communiqué le 24 août 2005
Manifestation internationale contre la
« sharia court » (tribunal islamique) au Canada, pour les droits des femmes, la
séparation du politique et du religieux et le respect de la dignité humaine
8 septembre 2005 de 12h à 14h
devant l’Ambassade du Canada 35 avenue Montaigne, Paris 8°
A l’appel d’associations canadiennes dénonçant la mise en place de
tribunaux islamiques dans leur pays, Regards de femmes organise, avec de
nombreuses personnalités et associations féministes et laïques, un
rassemblement, pour soutenir les associations canadiennes qui luttent
pour la séparation du religieux et du politique, l'égalité des droits, les
mêmes lois pour toutes les femmes, l’universalité des droits des femmes et
contre l’instauration de tribunaux religieux.
Un grand nombre
de lettres adressées au Gouvernement canadien pour demander que la loi
« d’arbitrage » de 1991 ne soit plus appliquée en Ontario, en cas de
litiges de droit familial et successoral sont parvenues à Regards de
femmes (33 rue Bossuet 69006 Lyon, regardsdefemmes@chello.fr). Elles seront remises
symboliquement ce jour-là à l’Ambassade du Canada à Paris afin de marquer la
solidarité des Françaises et des Français aux organisateurs de
"International Campaign against sharia Court in Canada"
dans leur combat pour le respect d’une égale dignité des hommes et des femmes.
La
liste des partenaires illustre la richesse de la laïcité pour vivre ensemble,
contrairement aux communautarismes qui organisent l’affrontement.
Des
rassemblements auront lieu le même jour dans de nombreuses villes du Canada et
d’Europe.
Un dossier de presse sera remis lors du rassemblement ou sur demande (06 10 39 94 87).
Michèle Vianès
Présidente
Liste des partenaires :
parmi
les personnalités :
Corinne Lepage, ancienne ministre ; Yvette Roudy, ancienne
ministre, Mohamed Abdi, secrétaire Ni putes ni soumises, Fadéla Amara,
présidente de « Ni putes ni soumises », Nadia Amiri,
Leïla Babès, écrivain, Elisabeth Badinter écrivain, Frédéric Bard
Président "Collectif Respect", Daniel Bénichou, Président de
l’association Le Chevalier de
parmi les associations : A.I.M.E (d’Ailleurs et
d’Ici Mais Ensemble), Alliance des Femmes pour
Rappel de la
situation au Canada
Depuis 2 ans, les femmes canadiennes de confession ou de filiation musulmanes alertent sur la création en Ontario d’un Institut islamique de justice civil (IIJC), chargé d’arbitrer les litiges familiaux relatifs aux droits des femmes et aux droits successoraux au sein de la communauté musulmane, selon les principes islamiques de la sharia.
Il s’appuie sur la loi canadienne « de l’arbitrage » datant de 1991. Cette loi autorise à régler à l’amiable les litiges de droit familial et successoral, en fonction de pratiques religieuses. Dès lors qu’un "arbitre religieux" tranche un litige, sa décision est finale et lie les parties qui s’adressent au tribunal séculier canadien local pour la faire exécuter.
Immédiatement les associations de femmes musulmanes canadiennes se sont insurgées contre ce désir de les enfermer dans des rapports sociaux de sexe archaïques patriarcaux. Les femmes musulmanes qui subissent l’arbitrage sont pour la plupart récemment immigrées en Ontario, ne maîtrisent pas la langue et ignorent les droits des femmes au Canada.
Une grande campagne nationale et internationale a été lancée à l’initiative de Homa Arjamand, canadienne d’origine iranienne. Regards de femmes a apporté son soutien immédiatement, comme de nombreuses associations de femmes, musulmanes ou non, canadiennes ou d’ailleurs.
Le gouvernement Canadien a demandé un rapport (rapport Boyd) sur les tribunaux religieux en Ontario qui conclut :" aucune preuve ne ressort de l’étude pour suggérer que les femmes souffrent systématiquement de discriminations à la suite d’arbitrage en droit des familles". Alors que le barreau canadien a dénoncé de multiples vices dans les arbitrages, en particulier les décisions discrétionnaires, l’absence d’obligations de sentences arbitrales écrites, le secret de la procédure et de l’issue de l’affaire. Et surtout la non-conformité avec les principes d’égalité hommes/femmes, puisque selon la sharia, la femme n’est pas l’égale de l’homme, elle joue un rôle complémentaire, mais doit être traitée… de manière « équitable ».
Vous trouverez sur www.regardsdefemmes.com
l’analyse et la réaction après la publication du rapport Boyd, dans la
rubrique « Articles » Femmes
sous lois musulmanes en Occident.
Le débat
entourant le tribunal islamique en Ontario a conduit les Canadiens et
Canadiennes à "réfléchir sur les limites du négociable face à
l'expression de la diversité religieuse, notamment quand celle-ci vient
compromettre les droits des femmes gagnés de haute lutte". Tarek Fatah
du Conseil des musulmans du Canada affirme dans «
Le Parlement du Québec a refusé, le 26 mai 2005, à l'unanimité, l'usage de tribunaux islamiques en cas de conflit familiaux. C'est une victoire pour toutes les femmes et les hommes qui défendent les droits fondamentaux de la personne humaine.